Recherches
La Chaire mène des recherches sur les technologies numériques en relation avec le travail et la vie quotidienne. Elle s’intéresse plus spécifiquement :
- Aux transformations des frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle, entre le public et le privé, et entre différents contextes à des niveaux plus granulaires.
- Aux stratégies individuelles et collectives de régulation des enjeux de connectivité constante, de présentation de soi en ligne, et de vie privée.
Les sujets actuels sur lesquels la Chaire travaille ou prévoit de travailler dans un avenir proche sont présentés ci-dessous. Les chercheur.e.s et étudiant.e.s intéressé.e.s par la régulation du digital sont encouragé.e.s à prendre contact avec la Chaire et à suggérer des collaborations sur ces sujets ou d’autres sujets connexes.
AXES DE RECHERCHE
Télétravail et travail hybride
La pandémie de COVID-19 a imposé un passage abrupt au travail à domicile à temps plein, suivi d’une expérimentation continue de travail hybride, c’est-à-dire d’une combinaison de travail sur site et de télétravail. Le télétravail et le travail hybride sont encore nouveaux à cette échelle et génèrent des défis de connectivité constante, de gestion de son image et de protection de la vie privée pour les travailleuses et les travailleurs. Les managers, eux aussi, ont du mal à diriger et évaluer les télétravailleurs et à assurer l’équité entre celles et ceux qui travaillent sur site et à distance.
Surveillance électronique des employé.e.s et travail algorithmique
Dans un large éventail de métiers et de secteurs en Amérique du Nord et en Europe, de nombreuses organisations utilisent désormais des technologies, algorithmiques et traditionnelles, pour surveiller les déplacements, les comportements et la productivité des employés : notamment les GPS, les webcams, les appareils portables (par exemple, fitbits), les capteurs placés sous les bureaux, ou encore les « patrongiciels » de surveillance des écrans, des frappes au clavier ou des mouvements de la souris. Une telle surveillance dépasse les frontières du travail car elle peut également collecter des informations sur les lieux et modes de vie des employé.e.s, les membres de leur famille, leur vie personnelle et leur santé. Cette surveillance peut également entraîner des inégalités entre métiers, secteurs, qualifications, et caractéristiques socio-démographiques, telles que le genre et l’âge.
Surveillance des citoyens par les États
La surveillance est également prévalente au niveau de l’État car tous les gouvernements collectent des données sur les citoyens ; cependant, la manière dont ces données sont collectées et les objectifs de la surveillance étatique diffèrent selon les contextes socio-politiques. La Chaire examine la surveillance étatique en Chine où de nouvelles formes de surveillance digitale des citoyens ont été pionnières. La Chine utilise des caméras de reconnaissance faciale, des algorithmes et des architectures Big Data pour agréger différentes informations sur les citoyens collectées en ligne et hors ligne (par exemple, géolocalisation, publications sur les réseaux sociaux, recherches sur Internet, achats électroniques de biens et services). Plusieurs agences étatiques, municipalités et entreprises privées expérimentent l’utilisation de ces données pour évaluer le « crédit social » des citoyens, avec des conséquences tangibles pour la vie quotidienne et les perspectives de travail des citoyens.
Imaginaire de l’AI et des robots humanoïdes
L’intelligence artificielle transforme la façon dont les humains travaillent et développent des relations au travail et dans la vie. Au travail, les humains peuvent désormais faire équipe avec côtés des robots ; ils peuvent s’appuyer sur l’IA générative pour effectuer leur travail ou être supervisés par l’IA. Dans la vie, les humains développent des relations intimes avec l’IA lorsque celle-ci joue le rôle d’ami.e, de partenaire romantique, d’animal de compagnie ou de thérapeute. Par exemple, des applications comme Replica ou Paradox sont conçues pour des relations romantiques ; des robots comme Paro accompagnent les personnes âgées ; même ChatGPT peut devenir un.e ami.e et un guide. La chaire étudie une série de questions émergentes, telles que : Qu’est-ce qui motive les humains à rechercher ces relations ? Qu’est-ce qui caractérise leur imaginaire de l’IA physique et virtuelle au travail et dans la vie ? Comment ces imaginaires varient-ils en fonction des différents contextes sociétaux ?